La nutrition un déterminant de santé

La nutrition est considérée comme un déterminant de santé majeur, jouant un rôle protecteur vis à vis de nombreux risques pathologiques, et présentant de nombreux atouts pour le bien-être des individus en termes de bienfaits physiques, psychologiques et sociaux. Bien qu’alimentation et activité physique soient encore souvent traitées séparément elles sont indissociables pour la santé.

L’inactivité physique associée à une alimentation déséquilibrée seraient responsables de 10.0% du taux mondial de morbidité (cf. expertise collective INSERM ). D’autres chiffres indiquent que 63% des décès dans le monde étaient dus aux maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, les cancers, la broncho-pneumopathie obstructive…or la pratique régulière d’activités physiques et une alimentation équilibrée sont maintenant reconnues pour avoir des aspects positifs sur la majorité de ces pathologies (cf. expertise collective INSERM).
Une activité physique régulière et une alimentation équilibrée agissent également sur le bien-être, améliorant la qualité de vie subjective des individus, favorisant le soutien social, l’estime de soi etc.

Les politiques de santé publique nationales et internationales se sont saisies de ces constats alarmants et ont fait un de leurs objectifs le développement de politiques nutritionnelles.
En France, la 1ère édition du Programme National Nutrition Santé (PNNS) a été initiée en janvier 2001 ( depuis deux autres PNNS ont succédé à cette première édition). L'onjectif objectif général de ce programme vise l’amélioration de l’état de santé de l’ensemble de la population en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Le PNNS tente de répondre aux objectifs nutritionnels de santé publique fixés par le Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP) :

  • Réduire l’obésité et le surpoids dans la population.
  • Augmenter l’activité physique et diminuer la sédentarité à tous les âges.
  • Améliorer les pratiques alimentaires et les apports nutritionnels, notamment chez les populations à risque.
  • Réduire la prévalence des pathologies nutritionnelles.

Afin de réaliser ces objectifs, le PNNS a développé des leviers d’actions à travers cinq axes stratégiques :

  • L’information, la communication et l’éducation pour orienter les comportements alimentaires et l’activité physique pour tous.
  • L’amélioration de l’environnement alimentaire et de l’environnement physique pour faciliter la mise en œuvre de comportements favorables pour la santé pour tous.
  • L’organisation du système de dépistage et de prise en charge des troubles nutritionnels.
  • La formation des professionnels dont l’activité influence l’alimentation et l’activité physique de la population.
  • La surveillance et l’évaluation pour assurer le pilotage opérationnel du programme.

Ces politiques nutritionnelles s’accompagnent de recommandations qui s’adressent directement aux populations, elles se doivent par conséquent de prendre en compte les déterminants de santé de ces populations (individuels, environnementaux et sociétaux).

Plusieurs objectifs initialement fixés par le PNNS ont été partiellement ou totalement atteints : réduction de la prévalence du surpoids et de l’obésité chez l’enfant, réduction de la consommation de sel ou de sucre, augmentation de la consommation de fruits chez les adultes. Pour autant, ces améliorations n’ont pas concerné de façon homogène toutes les composantes de la population et les inégalités sociales de santé se sont creusées dans le domaine de la nutrition.

La nutrition: un relfet des inégalités sociales de santé

Les inégalités sociales de santé évoquées se retrouvent principalement au niveau socioéconomique. En effet, avec l’avancée en temps du PNNS, les écarts se sont creusés entre les populations les plus favorisées et les populations les plus défavorisées. A la suite d’une forte demande politique et sociale, le programme du PNNS 2011-2015 a mis en place un axe stratégique visant à "Réduire par des actions spécifiques les inégalités sociales de santé
dans le champ de la nutrition au sein d’actions générales de prévention".

De nombreux rapports et études présentent ces inégalités croissantes. En 2012, le pourcentage d’adultes en situation d'obésité en France est 3,65 fois plus élevé dans les ménages ayant un revenu mensuel net inférieur à 900 € par rapport à ceux dont le revenu est supérieur à 5 300 €/mois (cf. étude Obépi).
Au niveau de l’alimentation, ces inégalités s’expriment dans les niveaux de consommation et les modalités d’achat. Pour exemple, l’alimentation des adultes de position socioéconomique défavorisée est en particulier caractérisée par de plus faibles apports en fruits et légumes, produits céréaliers complets, poissons, fibres, et en vitamines et minéraux (cf. expertise INSERM).
Au niveau de l’activité physique, ces inégalités s’observent dans la fréquence de la pratique et le niveau, ou intensité, de l’activité. Pour exemple, les adultes en position socioéconomique plus faible pratiquent moins d’activités physiques durant leur temps de loisirs (pratiques personnelles, adhésions fédération, association, etc.) et passent plus de temps devant les écrans (cf. expertise INSERM).






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